Rencontre avec le claveciniste Kenneth Weiss, à l’affiche du concert du vendredi 31 Mai prochain à 20h à La Scala Provence

M.B.A.: Bonjour, Kenneth Weiss, et merci de nous accorder cette interview. Quel a été votre premier contact avec le clavecin ?

Kenneth Weiss : Mon premier souvenir remonte à une écoute à la radio. Le Metropolitan Opera diffusait un opéra chaque samedi après-midi, et je me rappelle avoir entendu un opéra de Mozart dont les récitatifs étaient joués par la claveciniste Janine Reiss. J’ai été captivé par la sonorité du clavecin, ce qui m’a donné envie d’en jouer.

M.B.A. : Ce 31 mai à la Scala Provence, nous vous retrouverons aux côtés de l’Orchestre Avignon-Provence pour l’intégrale des Concertos Brandebourgeois de Bach. Selon vous, quels paramètres les rendent si emblématiques  ? Est-ce un défi de les jouer en une seule soirée ?

K.W. : Ce programme est exigeant et requiert la participation de nombreux instrumentistes différents. Bach a choisi une formation peu courante pour son époque, composée de plusieurs petits groupes de musiciens-solistes, chacun apportant des couleurs sonores intéressantes et variées (le mariage de certains instruments était innovant à l’époque !).  L’occasion d’entendre les six concertos en une seule fois permet d’écouter et de constater une grande évolution musicale. Les musiciens doivent donc maintenir un haut niveau d’exigence sur la durée. Par ailleurs, le public n’est pas toujours habitué à un concert centré sur une seule pièce, mais c’est justement ce qui rend cette expérience unique ! 

M.B.A. : Quelles sont les exigences ou défis de diriger et d’interpréter en même temps ?

K.W. : La possibilité de diriger tout en jouant de son instrument est un atout. Il faut être attentif à tout ce qui se passe musicalement afin de réagir aux interventions des autres musiciens. Grâce au langage universel de la musique, nous créons ensemble un dialogue où nous ajoutons du relief et de la profondeur. 

M.B.A. : Si vous pouviez voyager dans le temps et assister à une représentation musicale historique, laquelle choisiriez-vous et pourquoi ?

K.W. : Il y a tellement de choix, il est difficile de s’en limiter à un seul ! (rires) Cela change selon les périodes…Bach, Couperin… J’ai aussi un penchant pour Westhoff, compositeur allemand et prédécesseur de Bach, qui l’aurait beaucoup influencé à travers son langage musical. Sa musique est extrêmement virtuose ! 

M.B.A. : Où pourrons-nous vous entendre prochainement ?

K.W. : Cet été, je jouerai « L’Art de la Fugue » de Bach lors de l’ouverture du Festival de Saintes le 14 juillet, un programme qui me passionne énormément. Je prépare également un répertoire combinant des pièces pour clavecin et pour piano, notamment dans le style “Ragtime”. Cela m’amène à élargir mes horizons et à explorer les liens musicaux entre le XVIIe et le XXe siècle.

 

Propos recueillis par Marjorie Cabrol

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